La 140 C 231

Née en 1916,la 140 C 231 fait partie d’un groupe de 340 locomotives étudiées en 1912 par le réseau des chemins de fer de l’Etat pour moderniser son parc. Depuis le rachat de la compagnie de l’Ouest, en 1909, qui avait porté son réseau à plus de 9000 km, l’Etat ne disposait que de très peu de locomotives puissantes pour le service des trains de marchandises. La location de locomotives aux réseaux voisins n’était pas rare.

La livraison des 70 premières débute en 1913, mais les commandes suivantes ne peuvent être honorées par l’industrie française du fait de la guerre. 200 unités sont donc construites entre 1916 et 1918 en Grande-Bretagne. La 140 C 231 sort alors des ateliers de la North-British Locomotive Corporation à Glasgow. Pendant la même période, l’armée française en commande également 70 unités pour la traction des pièces d’artillerie lourde sur voies ferrées (ALVF), construites elles aussi en Grande-Bretagne entre 1915 et 1920, et qui seront cédées au PLM et à la Compagnie de l’Est à la fin du conflit.

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On ne connaît pas grand chose des premières années de la 140 C 231. Mise en service en 1917 sous l’immatriculation 140-231, elle devient pour la SNCF en 1938 la 3-140 C 231 au dépôt de St-Mariens (Gironde). Réquisitionnée en septembre 1940 par les allemands, elle rentre en France en août 1945 au dépôt de Sotteville (Seine-Maritime). L’essentiel de sa carrière se poursuit dans l’ouest: Thouars en 1947, Bressuire en 1949, Saintes en 1952, Niort en 1953, La Rochelle, Saintes et Paris-Batignolles en 1963, Trappes en 1966, Mantes en 1967, et enfin garée à Trappes en 1968.

Au vu de son bon état général, elle est alors choisie avec trois de ses sœurs (140 C 230, 313 et 314) pour constituer une réserve froide pour les besoins des CFTA à Gray. Révisée au Mans en 1970, elle est acheminée en février 1971 au dépôt de Chaumont et rattachée administrativement au dépôt de Chalindrey. En réalité, aucune de ces machines ne sera réutilisée. La 140 C 231 est vendue à l’AJECTA et viendra par ses propres moyens de Chaumont à Longueville le 22 octobre 1972. Sur les 3 autres machines, seule la 140 C 230 finira sous le chalumeau des ferrailleurs. La 140 C 313 est exposée en gare de Reims et la 140 C 314 a été remise en état de marche par le chemin de fer touristique du Vermandois (CFTV).

La 140 C 231 est actuellement en restauration complète et va bénéficier d’une chaudière presque intégralement renouvelée

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